Le 50e anniversaire de Rétromobile, est l’occasion de célébrer celles et ceux qui, depuis un demi-siècle, ont su regarder l’automobile autrement. À travers une exposition inédite réunissant pour la première fois les BMW Art Cars ayant couru les 24 Heures du Mans, Rétromobile rend hommage à ces machines devenues œuvres, à ces voitures qui ont su transcender leur condition mécanique pour s’inscrire dans l’histoire culturelle. Cette même audace se retrouve dans l’exposition consacrée à l’unique survivant des autorails Bugatti, invitation à redécouvrir le génie du visionnaire éponyme.
BMW, LES 50 ANS DES ART CARS. Dans le cadre d’un Tour du monde, les sept Art Cars BMW ayant couru les 24 Heures du Mans font escale à Rétromobile. Un événement exceptionnel. Dès 1932, Calder avait inventé le mouvement dans la sculpture. Avant même d’arriver en terre sarthoise, les instigateurs du projet ont gagné leur pari. Partout où il passe, le coupé 3.0 CSL, vierge de toute publicité, remporte l’adhésion. Décorée d’aplats de trois couleurs primaires, le rouge, le jaune et le bleu, la BMW détonne au milieu des autres bolides. Pour assister «le rookie» Hervé, on trouve deux pointures : Sam Posey, l’un des pilotes officiels de BMW. Changement de décor
l’année suivante. BMW introduit sa Série 3 Silhouette. Lors du vernissage, le 6 juin 1977, à Beaubourg, le lyrisme de l’Américain Roy Lichtenstein s’exprime à travers des lignes jaune citrine, des points bleu foncé et des bulles vertes. La BMW 320 empoche la neuvième place et la victoire de classe. Année 1978 : c’est au tour d’Andy Warhol, devenu célèbre pour ses sérigraphies de tenter cette expérience. Warhol vient lui-même à Munich peindre son œuvre sur la coque. Le résultat est sensationnel. avec ses flaques de couleurs dégoulinantes annonçant le Bad Painting. La M1 se classe sixième d’une épreuve marquée par la pluie. Il faut attendre 1999 pour voir la cinquième Art Car BMW et la première en mesure de viser la victoire investir le circuit du Mans. L’artiste américaine Jenny Holzer a imaginé six phrases courtes, comme autant de messages, réalisées en lettres bleutées et réparties sur la carrosserie blanche du prototype V12 LMR.
MERCEDES, SUR LES ROUTES DES MILLE MILES. L’année de ses cent ans, la firme à l’étoile revient sur son histoire à travers la mythique course routière italienne des Mille Miglia. L’année 2026 revêt une importance toute particulière pour Mercedes-Benz. Le constructeur allemand célèbre à la fois les 140 ans du dépôt de brevet par Carl Benz de son « véhicule à trois roues avec moteur à essence », ainsi que les 100 ans de la naissance de Mercedes- Benz, issue de la fusion entre Benz & Cie et Daimler-Motoren-Gesellschaft. Sur son stand, Mercedes
rend hommage à son histoire à travers son engagement dans la mythique course des Mille Miglia. La période d’après-guerre est à l’honneur avec la présence de plusieurs modèles emblématiques : une 300 SL, une 190 SL et une berline W120, dite « Ponton ». La 300 SL est sans conteste l’un des véhicules les plus iconiques de la marque. Avec ses célèbres portes papillon et ses performances remarquables, elle dérive directement du coupé victorieux aux 24 Heures du Mans et à la Carrera Panamericana en 1952. En 1955, Mercedes s’illustre avec une éclatante victoire aux Mille Miglia grâce à la 300 SLR de Stirling Moss et Denis Jenkinson,
ŠKODA, 125 ANS DE COMPÉTITION. Non contente de figurer parmi les pionniers de la mobilité individuelle, Škoda s’impose également comme l’un des premiers constructeurs à s’engager en compétition. Dès 1901, la marque engage ainsi des vélos à moteur sous l’appellation Laurin & Clément, afin de promouvoir ses productions. Visible à Rétromobile, ce deux-roues historique est accompagné d’un autre modèle emblématique : la
barquette 1100 OHC de 1957. Autre curiosité issue du musée de Mladá Boleslav : le coupé 130 RS, qui s’illustre en groupe 2 lors du Rallye Monte-Carlo 1977 dans la catégorie des moins de 1 300 cm3. Produits à seulement deux exemplaires, ces coupés se distinguent par leur poids réduit de 720 kg, rendu possible par l’utilisation extensive de panneaux de carrosserie en aluminium. Les 130 RS poursuivent ensuite une carrière remarquable : 9e et 10e places au Rallye de l’Acropole en 1978, titre de championne d’Europe des voitures de tourisme en 1981… Autant de succès qui font écho au retour récent de Škoda en compétition, où la marque continue de multiplier les victoires.
ALFA ROMEO, DES CHEVAUX DE FEU. Le constructeur italien a sorti trois modèles emblématiques des Trente glorieuses. Le premier est un exemplaire du spider 1600 Duetto. Héritière de la Giulietta Spider, le véhicule sera présenté en première mondiale au salon de Genève de 1966 et sera également le dernier projet coordonné par
Giovanni Battista « Pinin » Farina. Le second est la barquette 750 Competizione, dont le style original porte la signature du carrossier Boano tandis que le châssis tubulaire et le moteur 1,5 litre double arbre à double allumage de 145 ch sont l’œuvre du sorcier Abarth. Le troisième véhicule est un autre fleuron de la course : la Tipo 33/2 Perescopo 967. Sa conception a été finalisée par l’ingénieur Carlo Chiti. La 33 est animée par un nouveau V8 2 litres extraplat en alliage léger de 260 ch et alimenté par injection.
BUGATTI, LES INSOLITES DE MOLSHEIM. Autour d’une mise en lumière réalisée par les ateliers Mathieu Lustrerie, Rétromobile rend hommage au génie d’Ettore Bugatti à travers la présentation du dernier survivant des autorails Bugatti, conservé à la Cité du Train de Mulhouse, et d’une sélection de neuf voitures issues du Musée National de l’Automobile. Exposé à la Cité du Train de Mulhouse, le dernier des 88 autorails produits, est
aujourd’hui mis à l’honneur à Rétromobile. Longs de 23 mètres, profilés, équipés de quatre moteurs de 200 ch chacun, ces autorails atteignent 140 km/h, avec un record enregistré à 196 km/h. À ses côtés, neuf Bugatti automobiles, dont certaines uniques, complètent ce panorama insolite. La plus ancienne est l’une des cinq Type 32 « Tank » engagées au Grand Prix de Tours en 1923. Non loin, le Type 47 à moteur seize cylindres en U est présenté pour la première fois au public, après avoir été longtemps oublié dans les réserves du musée Schlumpf. Autre curiosité, la Type 56 électrique de 1931, produite à dix exemplaires, annonçait déjà 100 km d’autonomie.
L’ÂGE D’OR DU RALLYE. Autour des grands noms de la discipline (pilotes, copilotes, préparateurs, journalistes, photographes,…) mais aussi d’une sélection de véhicules, Rétromobile rend hommage, en partenariat avec la Fondation Gino Macaluso, aux épreuves routières, depuis la période charnière de la fin des années 1950 où les rallyes cessent d’être des courses de régularité pour devenir des compétitions de vitesse pure.
A la fin des années 1970, Jean-Marie Balestre, le nouveau président de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA), jette les bases du Groupe B. Avec la 037 à moteur central arrière engagée au Tour de Corse, en mai, Lancia est le premier constructeur à présenter un véhicule correspondant à l’esprit de la réglementation. Puis à partir de 1981, Audi engage ses fameux coupés Quattro. Leur système à quatre roues motrices révolutionne la discipline. Pour son retour en rallyes avec la 205 T 16, Peugeot s’en inspire et y ajoute une architecture à moteur central arrière. La course à l’escalade vient de commencer. Le mois suivant, Lancia reprend la formule pour la Delta S4.
ALPINE, UNE HISTOIRE EN OR. Lors de Rétromobile, Alpine rend hommage à sa légendaire berlinette A110 en lui consacrant la majeure partie de la superficie de son stand. Autour de la dernière version, la série spéciale A110 R Ultime, le constructeur au A fléché présente la toute dernière A110 originelle. Sortie des chaînes de l’usine de Dieppe, en 1977, il s’agit d’un modèle 1600 SX de couleur vert clair. Cette année-là, Alpine ne fabrique que cent-trente-trois exemplaires de la berlinette 1600 SX, la seule à se maintenir au catalogue à côté de la A310. Le 4-cylindres de 1647 cm3 délivre alors une puissance de 95 ch.
RENAULT, LES 35 ANS DE LA CLIO. Avec 17 millions d’unités vendues depuis 1990 (dont 6 millions rien qu’en France), la Clio a tout d’une grande, comme le disait le célèbre slogan publicitaire de la citadine. Elle fait son apparition à la veille du grand marché unique européen en 1993. Ce nouveau modèle, qui emprunte son nom à la mythologie grecque, est le catalyseur de toutes les ambitions de la marque au losange. La deuxième génération de la Clio pointe le bout de son capot en 1998. De 3,77 m de long, elle établit un record de production à 5,632 millions d’unités et a même droit à une version Renault Sport à moteur V6 implanté en position centrale arrière
PEUGEOT, LA 205 GTI EN MAJESTÉ. GTI : ces trois lettres magiques, qui ont contribué au succès de la 205, sont à l’honneur avec sept modèles. Voiture du renouveau de la marque sochalienne, la citadine 205 est commercialisée depuis un an lorsqu’est présentée la déclinaison 3 portes et son dérivé sportif GTI. Véritable rivale de la Golf GTI, la bombinette française participe au succès du sacré numéro de Peugeot et accompagne en 1984 l’entrée en championnat du monde des rallyes de la 205 T 16. En 1986, la GTI évolue pour atteindre 115 ch et se décliner en version cabriolet CTI avec arceau. Devenue la chef de file de la catégorie des GTI, la petite sportive de Peugeot sera produite à près de 300 000 unités dans ses différentes versions.
CITROËN, L’INNOVATION DANS LE SANG. Mais à quoi donc servent les concepts de salon ? Ces prototypes testent les réactions du public et préparent à de futurs modèles de série. Cette logique s’incarne dans la 2 CV A que Citroën présente à Rétromobile. Il s’agit de l’une des quatre survivantes sur les 250 prototypes du projet de TPV (Toute Petite Voiture) réalisés pour le salon de l’Auto de 1939. En 1956, les recherches sur l’aérodynamique
d’André Lefebvre donnent naissance à la C10, une berline de 3,84 m en forme de goutte d’eau capable d’atteindre les 100 km/h avec son moteur de 2 CV. Au salon de Paris de 1980, c’est le designer Trevor Fiore qui crée la surprise avec le concept Karin, un coupé à la forme pyramidale, portes ouvrant en ailes de mouette, conduite centrale et trois places de front. Quant à Oli et Elo, les deux derniers concepts, ils représentent un réservoir d’idées dans lequel la marque française va puiser pour concevoir ses prochains véhicules.
OPEL, DES SPORTIVES DE HAUT RANG. Présent pour la première fois de son histoire à Rétromobile, la marque au Blitz profite du retour du label GSE pour présenter les modèles sportifs les plus renommés de son passé. La berline compacte Kadett C dispose également à partir de 1975 d’une variante sportive GT/E. Reconnaissable à sa
carrosserie deux portes et bicolore (jaune et noir pour la première série, jaune et blanc pour la seconde) elle se distingue également par sa motorisation. Son 4-cylindres de 1,9 litre. Sept ans plus tard, alors que la marque cherche une remplaçante à l’Ascona 400 qui vient de permettre à Walter Röhrl d’être sacré champion du monde des rallyes et dans le but de répondre à la nouvelle réglementation du groupe B, Opel introduit la Manta 400.
GOODING CHRISTIE’S, DES FERRARI ET DES GT. C’est un événement dans le monde des collectionneurs. Dans le cadre de son partenariat pluriannuel avec Rétromobile, la maison de vente aux enchères Gooding Christie’s organise pour la première fois une vente dans l’enceinte du salon. Sur les 86 lots annoncés, Ferrari occupe la pole position avec 16 véhicules. Lors de la vacation, est dispersée la collection d’Angela Cherrett décédée en février 202. Ses héritiers ont confié quatre 6C à la vente : une version Mille Miglia Speciale série 2 de
1928, une berline 1750 Gran Turismo Série 5 de 1931, une version 1500 Sport Série 2 de 1928 et le Tourer 1750 Super Sport Série 3. Les amateurs de chefs-d’œuvre de la carrosserie française ne seront pas en reste puisque la vente sera une occasion rare d’acquérir l’une des berlinettes Talbot Lago T-150-C-SS Teardrop. De son côté, Bugatti est représenté par la Bugatti 57 C Atalante châssis n°57718, réputée pour être l’un des trois exemplaires à moteur suralimenté et carrosserie aluminium. Entre autres raretés, le catalogue propose aussi une BMW M1 de route toujours restée dans la même famille allemande et la Maserati 5000 GT carrossée par Frua à la demande de l’Aga Khan IV en 1962.
Défit relevé pour Gooding Christie’s, qui a réalisé une vente aux enchères du cinquantième anniversaire exemplaire, avec 83 lots proposés à la vente. L’évènement à rapporté 50,41 millions d’euros. Les enchères se sont envolées pour certains modèles, avec la meilleure vente pour la Ferrari 288 GTO de 1894 adjugée à 9,117 500 millions d’euros € (record mondial pour le modèle). La Ferrari KXX K Evo, plus moderne a trouvé preneur pour 6,98 millions d’euros. La troisième meilleurs vente est attribuée à la sublime Talbot-Lago T150-C de 1938 qui est partie pour 6,755 millions d’euros. Certains lots phares de la vente ont trouvé preneur au prix estimé, l’autre
Ferrari FXX Evo 2008 (4 448 750€), la Lamborghini Miura P400 SV de 1971 (3 380 000€), la Bugatti Type 57C Atalante de 1938 (2 225 000 euros), ou la Shelby 427 Cobra de 1966 (1 062 500€). Parmi les belles enchères on peut citer le Cyclecar Bedelia DB2 adjugé à 93 300€ soit un prix trois fois supérieur à son estimation. Les voitures Française ont tenue leurs estimations, l’Alpine A110 Groupe 4 de 1971 a trouvé acheteur à 241 250 €. Parmi les déceptions, les lots d’Alfa Romeo 6C de la collection d’Angela Cherrett ont été adjugés en dessous de leur valeur sans prix de réserve. L’ Alfa Romeo 1750 Super Sport de 1929 s’est vendue 342 500 euros, soit deux fois moins que son estimation. Le lot le plus prestigieux de la vente, la Ferrari 250 GT SW Berlinetta de 1960 estimée entre 8 et 9 millions d’euros n’a pas trouvé preneur ainsi que la Maserati Ghibli Spider de 1971, la Lamborghini Diablo de 2000, la Ferrari 250 GT LWB California Spider de 1960, ou encore le Bugatti Type 40 de 1928.
LA GALERIE DES ARTISTES. L’année des 50 ans du salon, la Galerie des artistes s’impose, plus que jamais, comme le rendez-vous annuel des artistes – peintres, sculpteurs, photographes, graphistes, dessinateurs – ayant choisi la locomotion comme sujet d’expression. Transports terrestres, aériens, ferroviaires et maritimes : ce salon dans le salon se veut le carrefour de toutes les sensibilités. La 50e édition ne déroge pas à la tradition et sert de rampe de lancement à de nouveaux talents.
RETROMOBILE, LE PARADIS DES MARCHANDS DE VOITURES D’EXCEPTION. Sont présents à Rétromobile, de nombreux revendeurs de véhicules d’exception, venus du monde entier. Fiskens, Girardo &Co, HK-Engineering Handels GMBH, Halmo Automobilia, Atelier des Coteaux, Axel Schuette, Barnes, ou Thisen, présentent à la vente leurs plus beaux joyaux.
Réussite totale pour le 50e anniversaire de Rétromobile, un évènement majeur dans l’univers des véhicules de collection, avec une affluence record, 181 500 visiteurs pour cette édition 2026. L’édition 2027 se profile déjà à l’horizon, du mercredi 3 au dimanche 7 février.
Photos Michel MORILLON


















































































