Scénario fiction ? Pas tant que ça !

1er juillet 2019

J’avais un rêve. Celui de rouler à 80 km/h sur les nationales, comme on pouvait encore le faire il y a un an. Mais ce n’est qu’un rêve, une pensée nostalgique qui se rappelle régulièrement à mon bon souvenir, comme des balais d’essuie-glace venant essuyer à intervalles réguliers les gouttes sur le pare-brise. Il faut chasser définitivement cette pensée « malsaine » qui phagocyte mon esprit.
Il est loin le temps où l’on pouvait dépasser un poids-lourds. Maintenant, on ne peut même plus doubler les voitures sans permis. A quoi bon avoir un permis d’ailleurs ? Le pot de yaourt sous-motorisé fera l’affaire sur des routes secondaires qui n’ont rien demandé et qui ont reçu un nouvel avertissement : pas plus de 70km/h. Car depuis le 1er juillet 2019, c’est – 10km/h.

A l’époque, je m’en rappelle très bien, c’était au début de l’année 2018, l’annonce de la limitation à 80km/h avait fait du bruit. Mais la résignation avait pris le dessus. Ils nous ont dit, à nous conducteurs, avaleurs de bitume, cracheurs de particules, pollueurs des villes et des campagnes, qu’il fallait lever le pied, essentiellement celui de droite, car celui de gauche, on peut le laisser sur la pédale, ça ne pose pas de problème. Mais, à force de lever le pied, la crampe est venue aussi vite que l’éclair, provoquant une vive douleur.

 

Aujourd’hui, ça fait un an que la mesure est en vigueur sur le réseau secondaire, autrement dit sur les nationales sans séparateur central.

Et qui nous dit que dans un ou deux ans, peut-être trois, il ne faudra pas s’astreindre à respecter 60km/h sur ces mêmes routes, constatant que le nombre de morts reste le même depuis plusieurs mois ? C’est une hypothèse tout à fait plausible.

A ce jeu de la réduction « effrénée » de la vitesse, les responsables de cette politique ont mis le petit doigt dans l’engrenage. Ainsi, la réduction des limitations de vitesse obéit à une logique infernale, qui prône systématiquement et indéfiniment son abaissement comme une variable qui devrait sauver des vies. L’équation « moins de vitesse = moins de morts » est implacable, mais d’une évidence absurde.

Si l’on pousse le bouchon jusqu’au bout, et toujours sur le même type de route, on constate aujourd’hui (on est toujours en 2019) qu’à 70km/h, il y a moins d’accidents mortels, demain peut-être à 60km/h encore moins, après demain, pourquoi pas 50km/h avec des accidents en diminution pour arriver un jour à 30km/h. Et pourquoi pas à zéro km/h ? Comme ça le problème est réglé une bonne fois pour toutes!

Dans cette logique, les piétons ne seront pas épargnés. Courir en ville, c’est dangereux vu le nombre d’obstacles existants. Il faudra obligatoirement marcher pour éviter de se faire mal. Mais si on ne marche pas, on ne tombe pas ? Je n’y avais pas pensé ! Voilà la solution. Mais je dois encore rêver c’est sûr ! En tout cas je l’espère.

 

Lionel Louis-Marie

 

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