Fiat croit au développement du bioGNV et le fait savoir. La marque italienne a d’ores et déjà constitué une gamme VP et VL pour ceux qui souhaitent se convertir au biométhane.

Alors que la plupart des marques convertissent peu à peu leurs modèles à l’hybride ou au tout électrique, Fiat a choisi une autre voie, plus confidentielle et qui existe déjà depuis plusieurs années. La marque italienne mise sur le bioGNV (gaz naturel pour véhicule d’origine organique) à base de méthane. Ce carburant a été d’ailleurs utilisé par Fiat pour son premier véhicule au gaz en 1939.

Fiat maîtrise cette technologie depuis plus de 20 ans et elle permet de combiner le carburant traditionnel -essence- avec le gaz.

Les automobilistes connaissent depuis des dizaines d’années le GPL, qui permet, après installation d’un kit, de rouler au gaz. Mais qu’est ce qui permet de dire que le GNV est mieux que le GPL ? Le GPL est issu du gaz naturel, une énergie fossile extraite du sol, alors que le GNV est produit à partir de la méthanisation* industrielle. Une technique qui utilise les déchets agricoles et les ordures ménagères.

Grâce à cette énergie propre, qui recycle des déchets existants, Fiat met en avant les nombreux avantages écologiques d’un tel carburant. Le premier atout concerne la forte réduction des émissions de CO2. Les véhicules roulant au biométhane émettent la même quantité de CO2 que les voitures électriques utilisant une source d’énergie renouvelable. Mais surtout, le point fort du GNV, c’est la réduction de 52% des émissions d’oxyde d’azote (Nox) et de 93% des particules fines par rapport à une motorisation essence.

Un coût réduit pour les automobilistes

L’avantage imparable pour les clients, c’est une consommation réduite. A titre de comparaison, le kilo de GNV coûte en moyenne 1,10 euro, comparé à 1,25 euro le litre de gazole et à 1,36 euro le litre d’essence. Sur un parcours Paris-Lyon de 500 km, le coût total en carburant pour une Fiat Panda 85 ch essence est de 30,60 euros et de 17,05 euros en GNV soit une économie de 44%. En reprenant cet exemple pour le diesel, comptez 24% d’économie.

Fort de toutes ces données encourageantes, Fiat a développé une gamme spécifique de véhicules hybrides GNV/carburant traditionnel. Cinq modèles VP ont été mis sur le marché : Panda, Punto, Doblo, L et L wagon. Les professionnels ont le choix entre le Fiorino, le Doblo cargo et le Ducato Panorama. Par ailleurs, le prix des véhicules GNV pour les particuliers est égal, voire moins élevé que celui des versions diesel. Par rapport aux versions essence, il faudra rajouter 1 000 à 2 000 euros.

Mettre en place des stations

La vente de ces modèles représente pour l’instant plus de 720 000 unités. Fiat devient ainsi le leader européen dans la vente à double alimentation essence-méthane. Des chiffres encore timides dus en partie à une méconnaissance de ce type de carburant et à un manque de points d’avitaillement. Le réseau en est encore à ses balbutiements et le Ministère de l’Ecologie et du Développement durable et de l’Energie a décidé de soutenir en 2013 un plan d’ouverture de 1 000 installations à échéance 2020.

Pour dynamiser cette filière, Fiat a organisé un Tour de France du bioGNV. La marque italienne souhaite faire mieux connaître les avantages du biométhane auprès des acteurs économiques et inaugurer par la même occasion des stations d’avitaillement. Cinq étapes ont été retenues.

La première a concerné la ville vendéenne de Mortagne-sur-Sèvre le 27 octobre dernier avec l’inauguration de trois stations publiques. Puis ce fut au tour de Saint-Etienne le 7 novembre pour une ouverture en centre-ville. Les trois autres rendez-vous ont eu lieu dans la Vallée de l’Arve, à Strasbourg et pour finir à Paris.

A terme, Fiat, soutenu par les régions et par l’État, souhaite voir émerger de nombreux points d’avitaillement venant renforcer les quelques stations déjà présentes sur le territoire, dont 7 à Paris. La route est encore longue.

*La méthanisation est le processus biologique naturel de dégradation de la matière organique sans oxygène. La méthanisation industrielle accélère ce processus.

 

Jimmy Meloni

Articles associés